Dix ans plus tard
S'il y a une chose que la vie m'a enseignée, c'est que beaucoup de choses peuvent se passer en un an alors, en dix ans, vous imaginez.
Si vous faites le bilan de votre vie, vous constaterez à quel point les choses sont bien différentes de ce qu'elles étaient il y a dix ans, même si vous avez l'impression d'être bloqué et de ne pas avoir évolué.
On évolue toujours.
Eh oui, même les choses qui nous semblent insignifiantes peuvent amener à de grands changements.
S'il y a dix ans, on m'avait dit où j'en serais aujourd'hui, je ne l'aurais pas cru. Il faut dire qu'il y a dix ans, je faisais des études qui ne me correspondaient absolument pas, je me sentais totalement seule, et je venais de découvrir que j'étais en pleine dépression.
Si j'avais la possibilité de parler à la moi du passé, le ferais-je ?
Non, car la moi d'il y a dix ne croirait aucune de mes paroles. À l'époque, je n'arrivais même pas à m'imaginer vivre une journée supplémentaire, comment aurais-je pu savoir que je serais encore là dix ans plus tard ?
Je n'écrivais pas quotidiennement comme je le fais aujourd'hui, à l'époque, mais je rédigeais des textes où je retranscrivais mes ressentis et mes pensées.
Ces textes, j'ai beaucoup de mal à les relire car ils me font revivre les sensations de ces moments et ce n'est clairement pas agréable, cependant ils me permettent de me rendre compte de quatre choses :
- J'étais au fond du trou
- Je n'exagérais pas quant à ce qu'il m'arrivait
- Les certitudes que je pensais avoir n'étaient que des croyances qui ont fini par être défaites
- Ce que je pensais durer une éternité n'a été que momentané
La réalité
Comme je l'ai dit plus haut, j'ai fait une dépression qui a durée plusieurs années. J'ignorais comment m'en sortir. Je mettais ça sur un manque de volonté, je me répétais que je ne faisais pas assez d'efforts, j'avais terriblement honte.
Pendant un long moment, j'ai cru que je rêvais, que c'était moi qui amplifiait les choses, que je n'aurais pas dû prendre tout ce qu'il m'arrivait à cœur et je culpabilisais d'être aussi mal.
La réalité, c'est que j'ai fait avec les outils que j'avais en main à ce moment-là et que je vivais une accumulations de péripéties qui, j'en suis sûre, auraient enfoncées n'importe qui.
Alors, pour échapper à cette réalité, je préférais dormir et rêver parce que, dans mes rêves, j'étais bien, je pouvais tout faire, être avec les personnes que j'aimais sans aucune retenue. Je voulais que mes rêves deviennent ma réalité et comme ils ne l'étaient pas, chaque nouveau réveil était un peu plus dur que le précédent.
Maintenant que je vais mieux et que j'ai pris du recul, j'ai compris une chose importante : la réalité est différente pour chacun.
Je ne pouvais pas m'attendre à ce que les gens me comprennent et fassent plus que compatir à ce qu'il m'arrivait parce qu'ils ne le vivaient pas.
Personne ne perçoit les choses de la même façon et par conséquent, personne n'a le droit de vous dire que vous en faites trop ou pas assez puisque votre réalité est le reflet de vos croyances.
Article lié : La dépression
Les croyances
Les croyances dirigent toute notre vie sans que nous en ayons conscience. Nous nous limitons tous à cause de nos croyances quand nous pourrions atteindre notre plein potentiel et faire tout ce que nous désirons.
Ces croyances, nous ne les avons pas lorsque nous naissons, nous les acquérons au cours de notre vie à travers nos diverses expériences et les remarques de notre entourage. Plus nous accordons d'importance à ce que les gens disent de nous, plus nous finissons par avoir des mauvaises croyances à notre sujet.
Il y a dix ans, il m'était inconcevable de faire du sport sans y être obligée.
Il y a dix ans, je ne m'imaginais pas avoir un jour une alimentation perçue comme correcte.
Il y a dix ans, il m'était inimaginable de prendre du plaisir à faire des choses qui me dégoûtaient à l'époque, et inversement.
Il y a dix ans, obtenir un diplôme des grandes écoles qui me faisaient rêver me semblait impossible et donc, inaccessible.
Il y a dix ans, oui, je désirais avoir un blog mais jamais je n'aurais osé me lancé. J'avais bien trop peur de ce qu'il pouvait arriver.
Dix ans plus tard je fais du sport de mon plein gré, j'ai une alimentation diversifiée, j'ai obtenu un diplôme d'une université qui me faisait rêver et bien sûr, j'ai ce blog, J'expérimente.
Pour réussir cela, je n'ai fait qu'une chose : je me suis débarrassée de mes croyances. Comment ai-je fait ? J'ai réalisé que les histoire que je me racontais, je les écrivais moi-même et donc, j'avais le pouvoir de les changer si elles ne me plaisaient pas.
J'ai arrêté de dire que je n'étais pas faite pour le sport, que j'étais difficile, que les diplômes étaient inaccessibles, et qu'avoir un blog n'était pas fait pour moi.
Personne d'autre que vous ne peut vous débarrasser de vos croyances. On peut vous donnez tous les conseils du monde, vous épauler, vous complimenter, c'est à VOUS de faire le travail.
L'éphémère
Je me serais bien passée de passer par-là, bien sûr, mais au final, cela m'a permis d'acquérir une grande leçon : absolument tout est éphémère. Temps que l'on est en vie, rien n'est fait pour persister. Rien. Que ce soit vos relations, vos succès, vos échecs... Rien.
Chérissez chaque bon moment que vous vivez, même les plus insignifiants : une ballade dans la nature, un bon film au coin du feu, les premiers rayons du soleil, une après-midi avec les personnes que l'on aime...
Quant aux mauvais moments que vous vivez, ne vous inquiétez pas, ils finiront par disparaître. La seule chose que vous pouvez faire, c'est prendre votre mal en patience.
Vous verrez, cela prendra peut-être du temps, tout finira par s'arranger, le brouillard se dissipera un jour. Vous avez juste à avancer une heure après l'autre.