La douleur et la souffrance

Citation douleur bonheur

"Ça va passer."

C'est la phrase que l'on entend le plus lorsque l'on dit que l'on souffre. À force, on se la répète à soi-même, pourtant, tout au fond, on n'y croit pas. Même si on a déjà vécu des choses terribles par le passé, l'idée que cette fois-ci c'est pire que toutes les autres fois reste bloquée dans notre tête. Pour cause, quand on vit un moment éprouvant, on a l'impression que celui-ci ne passera jamais et surtout, on a l'impression que les autres ne comprennent rien.

Je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper que nous sommes tous passés par là, particulièrement lors de notre adolescence.

Pourtant, avec le temps, nous sommes bien obligés de nous rendre à une évidence : tout le monde a mal un jour et personne n'aime souffrir. 

Pendant longtemps, je me suis dit que ma vie serait bien mieux si je ne connaissais aucune douleur, si je ne souffrais pas, si tout se déroulait de la meilleure des façons, si tout le monde était naturellement bon avec moi, si personne ne me voulait de mal, si j'obtenais tout ce que je désire facilement, sans heurt, et si tout le monde me croyait sans que j'aie à m'évertuer à prouver que j'ai raison.

Oui, j'aurais aimé tout cela.

Il n'en reste pas moins que vivre sans douleur est purement illusoire. En revanche, si la douleur est inévitable, la souffrance est un choix.


Oui, oui, vous avez bien lu ce que j'ai écrit. NOUS CHOISISSONS de souffrir.

Si nous faisons le choix de constamment ressasser nos douleurs passées, même d'un moment qui n'a duré que quelques minutes dans notre vie, nous ne cesserons jamais de souffrir.

Je l'ai souvent dit, je le maintiens, les souffrances mentales sont bien plus difficiles à supporter que les douleurs physiques.

Les douleurs physiques finissent d'une manière ou d'une autre par disparaître, ou du moins, on finit par s'en accommoder et par presque les oublier. Les douleurs mentales, elles, c'est bien plus difficile de s'en débarrasser.

Quand on croit que c'est fini, elles sont ravivées sans que l'on s'y attende. Il suffit d'une phrase, d'un mot, d'une chanson, de recroiser une personne que l'on a pas vue depuis longtemps et nous voilà retombés dans le passé.

Mais ce passé, même si nous y faisons quelques incursions de temps en temps, nous avons le choix de nous attarder ou non.


Voir aussi : Passer à autre chose


Je vais vous donner un exemple pratique ; il y a quelques semaines, j'ai jeté un rapide coup d'œil à Facebook alors que c'est un réseau social sur lequel je ne vais que trois fois par an. J'y ai passé un peu trop de temps cette fois-ci, je m'y suis perdue et je suis allée voir ce que devenaient des personnes avec qui je n'ai plus aucun contact, des personnes qui m'ont blessée, des personnes dont je souhaite me tenir le plus loin possible désormais.

Eh bien, figurez-vous que je me suis sentie très mal en faisant cela. Non seulement parce que j'ai ravivé des douleurs, mais aussi parce que je m'en suis voulu de m'être provoqué cette souffrance. Personne ne m'a obligé à regarder Facebook, je l'ai fait de mon plein gré. J'ai moi-même choisi de souffrir.

Nous avons toujours tendance à blâmer les autres pour nos souffrances. La vérité, c'est que nous pouvons les blâmer pour les blessures qu'ils nous infligent, mais nous ne pouvons en vouloir qu'à nous-mêmes si nous continuons à souffrir de ces blessures une décennie plus tard.

C'est comme si nous avions peur de ce qu'il se passerait si nous arrêtions de raviver notre passé de façon plus ou moins récurrente. C'est comme si tout ce qui nous a fait tant de mal représentait un refuge.

L'être humain est étrange, non ? Il déteste souffrir mais il contribue lui-même à sa souffrance. Probablement parce qu'il sait que derrière la souffrance, de belles choses se cachent.


Si l'on en croit cette théorie, nous choisirions donc sciemment de souffrir ? Après tout ce que je vous ai écrit, je suis persuadée que oui. D'une certaine manière, nous avons besoin de ça car cela nous permet de nous sentir vivants et, surtout, de nous rassurer.

Vous imaginez-vous vivre dans un monde dépourvu de douleur ? Quand on y réfléchit, ça ne serait pas si génial qu'il y paraît.

Comme tout le monde, je me passerais bien d'avoir mal parfois, mais j'ai fini par comprendre que la douleur existe parce que le bonheur existe. Si nous n'étions jamais heureux, nous n'aurions jamais mal.

Et si nous n'avions jamais mal, nous ne serions jamais heureux.

Souhaitons-nous vraiment nous passer des bons moments ?

Quand on réfléchit comme ça, on se rend compte que tout est polarité. Il n'y a rien de mauvais, finalement, pas même la douleur, pas même la souffrance. Il y a juste la vie, les mauvais moments qui se transforment en bons, les bons moments qui se transforment en mauvais, et ainsi de suite.

Alors, si vous traversez une mauvaise période, prenez votre mal en patience, cela finira par cesser, pour revenir plus tard, pour à nouveau cesser, pour à nouveau revenir, et ainsi de suite. Tant que vous serez en vie, cela se passera exactement de cette façon.

Et surtout, ne l'oubliez jamais : on vit toujours de mauvaises choses, mais c'est grâce à ça que l'on se rend compte que les bons moments existent.