L'échec

Citation réussir difficulté

Je suis sûre que si je vous demande si vous avez connu des échecs, vous me répondrez "oui" sans hésiter une seule seconde.

Des échecs, nous en connaissons tous. Peut-être même que vous en vivez un en ce moment, d'ailleurs.

Quand on évoque l’échec, on ressent tout de suite un sentiment de honte. On n’aime pas dire que l’on n’a pas réussi quelque chose, sûrement parce que l'on a été habitué à ce que l'on nous pointe du doigt si on n'avait pas la même réussite que d'autres.


Les "échecs" 

Tout au long de ma vie, j’ai de nombreuses fois connu ce que les gens appellent des "échecs". Et tout au long de ma vie, j’ai aussi considéré ces échecs de la pire des façons. Je voyais en eux un moyen de me rabaisser et de me conforter dans l’idée que je n’étais pas assez bien que la plupart des gens, surtout les personnes de mon entourage.

Permettez-moi de vous donner quelques informations à mon sujet.

Des échecs, j'en ai connu beaucoup. Du moins, j’ai connu ce que les gens considèrent comme des échecs, c’est-à-dire que je n’ai pas réussi à faire quelque chose du premier coup. Ou pas réussi du tout, d'ailleurs, mais c'est que ces choses ne comptaient pas vraiment pour moi, sinon, j'aurais persisté jusqu'à réussir.

Pour vous citer un petit florilège de mes "échecs" :

J'ai passé deux fois mon bac et par conséquent, j'ai fait deux terminales. 

J’ai passé quatre fois mon code et trois fois mon permis avant que le fameux sésame me soit délivré.

J’ai galéré à trouver du travail, j’ai été rejetée de nombreuses fois sans aucune explication avant d’être enfin acceptée quelque part.

J’ai recommencé trois fois mon blog, j'ai longtemps été démoralisée et pourtant, J'expérimente existe aujourd'hui et grandit quotidiennement.

Ma vie amoureuse, elle, est un échec cuisant, et pour l'instant, la réussite dans ce domaine se fait attendre, mais je ne désespère pas à l'idée qu'elle arrive un jour et si elle n'arrive pas Eh bien, c'est que ce n'était pas ma voie.

En d’autres termes, j’ai échoué à de nombreuses reprises.

Mais ces "échecs" m’ont amené de belles réussites. Des réussites que je n'aurais peut-être pas connues si je n'avais pas eu "d'échecs," et des moments que je chéris encore aujourd'hui.

Et surtout, le bonheur des réussites qui ont suivi ces "échecs" n'aurait sans doute pas été le même. Ce n'est pas très amusant de réussir sans difficulté.


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La comparaison

Je me suis aperçue de quelque chose : je n’en ai absolument rien à foutre de ne pas réussir à faire quelque chose, ce n’est pas grave. Par contre, j’en ai quelque chose à foutre de ce que les gens pensent de moi.

Et c’est bien là tout le problème.

Je n’aurais pas conscience de mes échecs si les autres ne considéraient pas que j’échoue.

Au fond de moi, je n’ai pas spécialement peur des "échecs," au contraire. Je suis un peu déçue, bien sûr, quand j'échoue quelque part, mais rien de vraiment important. En revanche, je vis très mal ces échecs à l’instant où je partage mes projets avec autrui, raison pour laquelle je n'aime plus trop parler de mes plans avant que les résultats soient bien visibles. Les gens ont un peu trop tendance à vous renvoyer que vous êtes une nullité quand vous leur avouez que vous n’avez pas réussi quelque chose. Je me sens tellement mieux lorsque personne ne sait ce que je fais.

Mais on n'a pas forcément besoin des autres pour nous comparer, on le fait aussi très bien tout seul.

Quand j’ai lancé mon premier blog, je suis allée à la pêche aux informations à droite et à gauche. Je voulais absolument réussir dans ce que je faisais et bien sûr, je voulais connaître cette réussite le plus rapidement possible. Dans le fond, qu'avais-je de moins que les autres ?

Je me disais qu’en appliquant tous les conseils qui se répétaient sur différents blogs, j’allais forcément réussir, de mon point de vue, en tout cas.

Sauf que non.

Ça n’allait pas assez vite pour moi. La réussite ne venait pas à moi, du moins, elle ne venait pas comme je me l’étais imaginée. J'avais un peu sous-estimé internet et le fait que J'expérimente était minuscule comparé à la masse d'informations dont regorge le net.

Mais cette expérience m'a permis de comprendre une chose essentielle : la réussite, ce n’est pas voir grand tout de suite. On prend toujours en exemple ceux qui sont parvenus à un niveau que l’on estime être excellent mais on a tendance à oublier que cette comparaison nous détruit.

Si nous tenons tant que ça à nous comparer, faisons-le avec des personnes qui démarrent en même temps et au même point que nous, en prenant bien en compte qu'il peut exister mille et un paramètres hors de notre maîtrise.


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La jalousie

Ma question est donc : pourquoi ressentons-nous constamment le besoin de nous comparer aux autres ? Parce que c'est ce que l'on nous a enseigné depuis notre plus jeune âge ? On peut toujours se défaire des enseignements qui ne nous servent pas.

Il n’y a aucune raison valable de se comparer en permanence, et surtout pas lorsqu’il s’agit de réussite, parce que chacun en a une vision différente. Dites-vous bien que les gens auxquels vous comparez votre réussite visent un niveau supérieur au leur et se comparent à quelqu'un d'autre. Vous les enviez, mais eux, ils envient d’autres personnes. Personne n'est donc jamais heureux puisque tout le monde a l'impression d'échouer à son propre niveau.

La réussite est différente pour chacun d’entre nous et surtout, la réussite, ce n’est pas aller au même rythme que tout le monde.

Je le vois dans ma famille, je m’y suis toujours sentie le vilain petit canard. Jamais assez bien, jamais capable de réussir suivant les attentes que l’on avait de moi, particulièrement parce que l’on me comparait à d’autres personnes.

Comme je vous l'ai dit plus haut, j'ai passé deux fois mon bac. Le pire n’a pas été de voir le résultat, j'aurais été toute seule ce jour-là, j'aurais sans doute mis beaucoup moins de temps à l'accepter. Le pire a été ce que les gens ont dit à mon sujet. Jamais en face, naturellement, mais ils lançaient toujours des petites piques qui, multipliées, faisaient bien mal.

Par contre, quand j'ai obtenu ce diplôme l'année suivante, après quelques félicitations bien hypocrites, plus personne ne m'en a parlé alors que l'on m'avait rabattu les oreilles avec mon "échec" la première fois.

C'est là que j'ai compris une chose importante : les gens aiment ressentir une forme de puissance et jalousent les réussites des autres. Je suis d'ailleurs bien obligée d'avouer que cela a aussi été un peu mon cas. Heureusement, m'apercevoir de cela m'a permis d'évoluer. J'ai arrêté d'envier les gens parce que je refuse de me détruire lorsque ce que je souhaite met du temps à venir, et je refuse de détruire les autres en les faisant se sentir inférieurs.


Tout ce laïus pour vous dire ceci :

Les "échecs" sont juste une opportunité pour recommencer de façon différente si quelque chose vous tient vraiment à cœur.

Sinon, ils sont là pour vous remettre sur la voie qui vous est destinée.

Ils font partie de la vie. Si on n'échoue pas, cela signifie que l'on ne vit pas du tout.

Et surtout, ils n'existent que si on les considère comme tels. À vous de décider de quelle façon vous souhaitez voir les choses.